Sophie Brissaud
Blogger Buzz: Morceaux de rentrée
Sep 3rd
L’automne ne commence officiellement que dans dix-sept jours et je constate que toutes les pages du feuilleton de l’été sont tournées. Vous me pardonnerez donc, j’espère, de glisser pudiquement sur le mois d’août. Il n’a pas été bien spectaculaire dans l’ensemble, même s’il a apporté son quota de belles images et de bons moments (surtout vers la fin). On va donc aborder la rentrée avec espoir, sans avoir à revenir de très loin. Qui dit rentrée dit retour à la vie sociale (lancements, pince-fesse, célébrations diverses). Cela peut être un soulagement, tout dépend de l’été qu’on a passé et tout dépend aussi du contexte. Allez, on se prépare à rentrer à Paris sans l’avoir quitté. D’une certaine manière, le mois d’août à Paris, c’est ne plus être à Paris. C’est aussi y être encore plus. J’ai la flemme de développer. Je suis sûre que vous comprenez. Non ? Pour bien vous montrer qu’on rentre pour de vrai, on commence par un restaurant.
Q-Tea, “meal tea coffee”. 19, rue Notre-Dame-de-Lorette, Paris IXe. Métro Saint-Georges. Tél. : 01 55 32 04 68.
C’est grand comme un mouchoir de poche, ça sert des plats cantonais légers et bien tournés avec quelques incursions vers le Hunan, c’est décoré vif et acidulé comme une boutique de design thaïlandais (banquette à gros pois), c’est BYOB (apportez votre vin), et ce qui sort des mains du chef d’origine shangaïenne et de son épouse d’origine cantonaise (pur sucre, c’est-à-dire de Guangzhou) est parfumé, savoureux et irréprochable.
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Blogger Buzz: L’été 2010, volume 2
Aug 13th
Nous avions clos le mois de juin au château Pontet-Canet. Juillet s’annonce. À Paris, il fait chaud, orageux, on a envie de quelque chose de léger et croustillant. Les nems du restaurant Indochine sont peut-être ce qu’on fait de mieux dans le genre. Peu de chose (un décor un poil plus soigné) distingue Indochine des autres restaurants de ce type sur les deux branches du compas délimitant le Chinatown du Sud, le double axe avenue de Choisy-Avenue d’Ivry. Mais c’est toujours blindé, tout est bon. Le service est familial, ironique et complice. Ingrédients très frais, points forts : les nems et le banh xeo. Pho correct et bun cha ha noi un peu moins mémorable que celui du regretté Pho Bida Saigon (RIP). Une fois n’est pas coutume, je ne vous conseillerai pas d’être aventureux sur les boissons. Le thé au lait glacé est un des moins réussis du quartier (apparemment fait en catastrophe avec du thé vert au jasmin trop léger) et le milk-shake au corossol beaucoup trop sucré et un rien cotonneux. Pour ces choses-là, je vous donnerai d’autres adresses.
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Blogger Buzz: Bob, emmène-moi à Deauville
Mar 9th
Le sujet, pourtant, ne laisse aucun doute. Mais je trouverai tout de même le titre en fin de rédaction, maintenant c’est trop difficile. Je sais déjà qu’il n’aura ni queue ni tête, parce que — oui — il s’agit bien du festival Omnivore Deauville (qui n’est plus OFF, ce qui semble indiquer qu’il accède cette année au rang d’institution, gageons qu’il aura bientôt son Off en bonne et due forme dans le sens “Off Broadway”) ; oui je prends comme chaque année depuis trois ans le Corail pour méditer sur la JCQB (Jeune Cuisine Qui Bouge), car c’est bien le sujet ; mais dès mon arrivée, je m’aperçois, comme chaque année, que j’ai envie de ne pas parler que de ça. Et particulièrement cette année. Alors ne vous attendez pas à un compte rendu : ce post n’est pas assez complet, loin de là, pour mériter ce nom.
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Blogger Buzz: Le Bouchon et l’Assiette – enfin!
Jan 31st
Ça commençait à bien faire, on n’y croyait plus. Enfin, je et un autre avaient fini par ne plus y croire. À force de m’être fait servir trop de repas mal fichus, trop de plats approximatifs parfois aggravés par l’accueil et le service, je commençais à me faire de sérieux soucis au sujet de la restauration parisienne à prix raisonnables. Et en particulier du genre bistrot dans sa version contemporaine, sur lequel j’ai beaucoup à dire, que je ne dirai pas faute de temps. Je résumerai juste en disant que le genre ne s’est pas prolongé à travers les néobistrots et autres bistronomiques, mais que ces derniers (avec les meilleures intentions du monde et non sans talent) n’ont rien fait pour empêcher sa disparition quasi totale. Le préserver n’était d’ailleurs pas leur rôle, qui était surtout de le remplacer avec une certaine similitude dans les formes mais non dans l’esprit.
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Blogger Buzz: Passard, l’élégance
Aug 30th
Jeudi, à l’heure du déjeuner, j’étais à L’Arpège. Pour la première fois, j’y découvrais la cuisine de fin d’été issue des potagers d’Alain Passard. “Je veux donner au légume son statut de noblesse”, dit le chef. Démonstration en quelques assiettes. L’image ci-dessus n’est pas le premier plat qui me fut servi, mais je l’ai placée en tête de ce post pour illustrer la profusion des couleurs, la palette “bonbons anglais”, l’épanouissement chromatique qui caractérise cette récolte de la plénitude estivale. Jamais la cuisine d’Alain n’a été si belle.
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Blogger Buzz: Alain Senderens – le lièvre à la royale
Oct 23rd
Nous interrompons un instant notre programme chinois pour vous faire part d’un repas qu’il serait dommage de passer sous silence : le lièvre à la royale du restaurant Alain Senderens, place de la Madeleine, à Paris.
Lorsque je propose quelque temps à l’avance une expédition au camarade Julot, ce n’est pas toujours facile. Je ne dis pas que Julot ne soit pas un planificateur, ce garçon est bourré de qualités et n’est pas privé de celle-ci. Mais j’ai compris comment il fonctionne. Il adore téléphoner vers 11 heures du matin et dire quelque chose du genre : “X a tel ou tel plat à sa carte en ce moment. On se le fait ?” ou “J’ai donné rendez-vous à Tartempion chez Le Grand Pan à 13 heures. Tu es des nôtres ?”
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Blogger Buzz: La Table d’Adrien, interdit aux femmes
Sep 2nd
A-t-on le droit d’écrire sur un restaurant dans lequel on n’est jamais entré ? Non, évidemment. Et pourtant il y a de rares, très rares et singulières circonstances qui y autorisent. Écoutez plutôt cette conversation téléphonique que j’ai eue il y a moins d’une heure.
“Allô ? Bonjour monsieur, je suis bien à La Table d’Adrien ?
— Oui (voix très méfiante).
— Je vous appelle de la part de mon ami John Talbott, qui a fait chez vous un repas mémorable et m’en a dit le plus grand bien.”
(Lourd silence au bout du fil, puis la sentence tombe) :
“Je lui avais pourtant demandé de ne parler de moi à personne.
— Il ne m’a pas présenté les choses ainsi.
— Je vais vérifier s’il reste de la place… (Les ondes d’un regard circulaire autour de la salle se révèlent en réalité celles d’une profonde réflexion dubitative. Ce sont des choses qu’on sent au téléphone, d’autant que la voix se fait de plus en plus hostile.)
“Ah non, désolé madame. Vous savez, c’est une espèce de club ici.
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Blogger Buzz: Market
Aug 16th
Ce genre de post ne doit être envisagé que dans les cas d’extrême nécessité. En effet il est toujours préférable d’écrire sur les restaurants qu’on aime. Les autres, on les abandonne à la géhenne et on les oublie pudiquement. Mais là, j’ai longtemps tergiversé, et finalement allons-y. Par mesure prophylactique envers les lecteurs.
Qu’est-ce que je faisais avenue Matignon ? J’étais allée voir un cher ami chef (un très bon, je vous en reparlerai) à la veille d’ouvrir son restaurant. Afin d’échanger réflexions et projets, nous avons décidé de déjeuner dans le quartier. Si nous avons opté pour Market, le restaurant parisien de Jean-Georges Vongerichten installé dans les locaux de Christie’s, c’était par curiosité et aussi par souci de test.
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Blogger Buzz: Grrrrrrr, du veau tigré!
Jun 3rd
À quoi voit-on qu’on déjeune dans le seizième, entre la place Victor-Hugo et la Porte Maillot ? C’est facile : on est environné d’une faune inimitable. Costards venus du palais des Congrès, types business sur le modèle Catherine Nay, Patrick Devedjian ou Valérie Pécresse, nappies (authentique terme désignant les NAPs juvéniles), Rolex à bracelet lâche dont les heureux propriétaires manquent de vous renverser de votre chaise avec leur derrière quand ils s’assoient, clips d’oreille jetant des feux soudains, bref la France qui a gagné. Le décor opulent et confortable — entendez mi-club, mi-bordel de luxe — est aussi furieusement signé local. C’est bien ça, vous ne pourriez pas vous trouver ailleurs, sauf peut-être à Deauville, à Saint-Tropez, ou encore sur un yacht voguant dans les eaux maltaises.
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Blogger Buzz: Spring
Nov 23rd
Nous y étions hier soir, quatre convives affamés, dans ce petit (16 couverts) restaurant de la rue de la Tour-d’Auvergne. Le Fooding avait déjà applaudi, le Figaroscope décerné ses petits cœurs. Nous n’avons pas attendu d’autre signal : l’endroit étant exigu, il n’y avait pas de temps à perdre.
On vous résume l’histoire déjà contée ailleurs : le jeune chef Daniel Rose est originaire de Chicago ; il dispose d’un CV plus qu’honorable puisqu’il a travaillé avec Christian Constant, Yannick Alléno, Iñaki Aizpitarte. “Un restaurant qui ressemble à la vie”, écrit Emmanuel Rubin. Bien vu. Un seul espace : la salle, la cuisine. Un bar décoré de pommes, de grenades, de joyeux potimarrons et d’un iPod avec enceintes.
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